Qu’est-ce que l’insomnie ?

Il n’existe pas moins d’une centaine de troubles de sommeil. 

Parmi eux, l’insomnie est le plus courant

Elle figure aussi parmi les problèmes de santé les plus fréquemment rapportés auprès des médecins et concerne un homme sur cinq et une femme sur trois.   

Ses conséquences sur la santé et son cout socioéconomique en font un problème majeur de santé publique.  Elle est d’ailleurs l’une des pathologies les plus inquiétantes que rencontre notre société.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, sachez qu’il est parfaitement normal de mal dormir ou d’avoir des insomnies de temps à autre.  Vous ne devez pas vous en inquiéter.  En améliorant votre hygiène de sommeil grâce à quelques astuces qui deviendront de bonnes habitudes, vous devriez retrouver un sommeil de qualité.  Je ne peux que vous conseiller d’aller lire mon article sur les 20 meilleures astuces pour mieux dormir.  

Vous pouvez aussi vivre un moment difficile qui vous rend particulièrement anxieux.  Lorsque la situation de crise sera passée, tout devrait rentrer dans l’ordre.   

Là où ça devient plus problématique, c’est quand vous commencez à être submergé par votre stress et à trop réfléchir à votre sommeil, voire à en devenir totalement obnubilé. 

Cette angoisse risque en effet de développer une insomnie qui va s’installer dans le temps et devenir un véritable cercle vicieux difficile à briser, du moins sans une aide extérieure.  C’est de cette manière que j’ai commencé à souffrir de mes premières insomnies.  Sans le savoir, je les autoentretenais par ma peur de ne pas dormir.  

Il convient également de distinguer l’insomnie du simple manque de sommeil.  Dans notre société qui incite de plus en plus à la performance, et où les distractions sont nombreuses de jour comme de nuit, il existe une multitude de petits dormeurs qui sacrifient leur temps de sommeil.  En revanche, ils parviennent à dormir dès qu’ils en ont l’occasion, ce qui n’est pas le cas des insomniaques. 

Qu’est-ce que l’insomnie ? A partir de quand parle-t-on véritablement d’insomnie ? Quelles sont ses différentes formes, comment se diagnostique-t-elle et quelles en sont les conséquences?

Quelques éléments de réponse dans cet article qui se base sur les dernières découvertes scientifiques.

Pour vous faciliter la lecture, le traitement de l’insomnie est abordé dans un autre article que vous pouvez consulter ici.

La définition de l’insomnie

homme réveillé pendant la nuit souffrant d'insomnie

Le terme insomnie “est créé au XVIè siècle sur la base du latin insomnia (du latin somniculus, “état de celui qui dort “) et signifie stricto sensu la privation de sommeil” (source Wikipédia).

Au fil des ans, la définition de l’insomnie a beaucoup évolué et s’est affinée. Sur Internet, vous trouverez encore de nombreuses terminologies et classifications qui, si elles ne sont pas fausses, risquent tout de même de prêter à confusion.

Par souci de clarté et afin de vous fournir des informations récentes, je me baserai principalement sur les derniers critères figurants dans le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).

L’insomnie y est présentée selon deux critères principaux :

1. Une insatisfaction liée à la quantité ou à la qualité du sommeil associée à un ou plusieurs symptômes suivants :

  • Difficulté d’endormissement
  • Difficulté de maintien du sommeil caractérisée par des réveils fréquents ou des problèmes à retrouver le sommeil après un éveil
  • Réveil matinal précoce avec une incapacité à se rendormir

Ces trois types de symptômes ne sont pas isolés les uns des autres.  Une personne peut souffrir d’un mélange des trois ou peut même changer avec le temps de type d’insomnie.  Il n’y a donc pas une insomnie mais des insomnies.

2. La perturbation du sommeil est à l’origine d’une détresse marquée ou d’une altération du fonctionnement dans le domaine social, professionnel, éducatif, scolaire ou dans d’autres domaines importants.

Le facteur temps et la fréquence des épisodes d’insomnie sont d’autres critères importants.  C’est que nous allons voir maintenant.

La différence entre l’insomnie chronique et l’insomnie passagère

L’insomnie passagère

L’insomnie passagère touche environ 30 % de la population.

Également appelée occasionnelle, d’ajustement, transitoire ou encore aigüe, elle est souvent liée à une mauvaise hygiène de vie (exposition excessive aux écrans, chambre mal aérée, horaires irréguliers de coucher, alimentation trop riche, consommation d’alcool…), à des évènements de vie stressants (difficultés professionnelles ou familiales, séparation, deuil…), à la consommation de substances excitantes (café, nicotine, drogues), à une gêne ou une douleur physique (douleurs, toux, fièvre…), ou à des facteurs environnementaux (période de grande chaleur, voisinage bruyant …).  

L’insomnie passagère peut durer de quelques jours à quelques semaines.  Elle se résorbe rapidement lorsque le facteur causal est évincé ou estompé. 

Elle peut toutefois persister et évoluer vers une insomnie chronique de type psychophysiologique chez les personnes plus vulnérables, surtout celles qui ont tendance à être anxieuses et perfectionnistes.

L’insomnie chronique : un véritable cercle vicieux

L’insomnie chronique fait souvent suite à une insomnie passagère et concerne environ 20% de la population.

Elle est caractérisée comme telle quand elle survient plus de trois fois par semaine et lorsque les difficultés de sommeil sont présentes depuis au moins trois mois (critères du DSM-5).

Différents facteurs sont en cause et mettent en évidence toute sa complexité :

  • La prédisposition (vulnérabilité) : elle peut être d’ordre biologique (tendance à l’hypervigilance, chronotype, dérèglement de l’horloge biologique…), psychologique (anxiété et perfectionnisme…) ou social (horaires de travail décalés…)
  • Les facteurs déclenchants : évènements de vie stressants ou bouleversants (naissance, difficultés professionnelles, deuil, séparation…), changements environnementaux, maladie physique ou psychiatrique (dépression…), prise de certains médicaments
  • Les facteurs de maintien : mise en place de comportements défavorables au sommeil souvent favorisés par des pensées dysfonctionnelles (ou fausses croyances) et une anxiété de performance.

L’insomnie chronique est un cercle vicieux.  Sa “mise en action” peut être très rapide, sa délivrance beaucoup plus difficile, du moins sans une aide extérieure.  Son moteur principal : l’anxiété de performance

L’insomniaque va en effet développer des pensées ou croyances irrationnelles liées au sommeil (peur de ne pas réussir à s’endormir ou de ne pas dormir suffisamment) et aux conséquences possibles de l’insomnie : « Je n’arriverai jamais à dormir », « Je n’ai plus aucun contrôle », « Ma journée de demain est foutue », « Je vais devenir fou », « Je ne vais pas assurer au travail », « Je ne vais pas m’en sortir avec les enfants »… 

Ces pensées vont donner lieu à des comportements inadaptés tels que rester plus longtemps au lit ou faire la sieste.  

Malheureusement, plus le désir de réussir à bien dormir est fort, plus l’inverse se produit

Le Dr Walker, professeur de neurosciences et de psychologie, éminent spécialiste du sommeil, explique le mécanisme d’installation et de maintien de l’insomnie psychophysiologique avec ces mots très justes :

Dans notre monde moderne ultrarapide et débordant d’informations, l’un des rares moments où nous arrêtons de consommer de l’information en continu pour réfléchir sur nous-même, c’est lorsque nous posons la tête sur l’oreiller.  Or, il n’y a pas pire moment pour faire cela consciemment.  Ce n’est pas étonnant qu’il soit presque impossible de s’endormir ou de rester endormi lorsque notre cerveau se trouve en état d’ébullition émotionnelle et que les évènements de la journée nous ont rendu anxieux, que l’on pense à ce que l’on a oublié de faire ou à ce que l’on doit faire dans les jours à venir, ou même dans un futur plus lointain” (Pourquoi nous dormons, pp. 381-382).

Bien avant lui, le brillant Shakespeare disait : « Là où loge le souci, le sommeil ne s’abat jamais » (Roméo & Juliette, 1590).

Vous l’aurez compris, l’insomnie chronique est une insomnie qui s’alimente d’elle-même

Je l’appelle la “spirale infernale”, et c’est précisément elle qui m’a empoisonné l’existence pendant une bonne dizaine d’années

J’ai toujours été quelqu’un d’anxieux et d’hypersensible, mais avant ma première nuit blanche fatidique, je ne pensais jamais à mon sommeil. Pour moi, c’était un processus naturel : je me couchais et je m’endormais.  D’ailleurs, quand vous demandez à un bon dormeur comment il fait pour bien dormir, il va souvent vous répondre…qu’il ne fait rien de spécial !  Il n’y pense pas, tout simplement.  

Lors de mes études universitaires en psychologie, je ne vous cache pas que la période d’examens était un vrai calvaire.  J’étais surchargée et le rythme était soutenu, mais je parvenais à récupérer (et à bien mémoriser) en dormant.

La veille d’un examen particulièrement stressant, il m’est arrivé quelque chose d’horrible :  je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, regardant les heures défiler avec angoisse.  Toutes sortes de pensées négatives m’ont traversé l’esprit tandis que mon cœur battait la chamade.

Au petit matin, complètement désorientée par cette nuit infernale, je me suis rendue à mon examen que j’ai réussi sur le fil.  Par contre, l’après-midi même, je devais enchainer sur la révision de l’épreuve du lendemain.   Tout l’après-midi, la fatigue s’accumulant, il m’a été impossible de me concentrer.  Pire, j’ai commencé à avoir peur de ne pas pouvoir dormir la nuit suivante et la boucle anxieuse était lancée.

N’étant pas correctement informée à l’époque, et dans l’urgence de sauver ma session d’examens, je suis allée chez un médecin qui m’a prescrit des somnifères, pilules “magiques” que j’ai pris tel un traitement régulier pendant…des années. 

Quelle aberration et quel gâchis !

Non seulement j’étais devenue dépendante, mais j’étais surtout persuadée que je n’étais plus capable de trouver le sommeil par moi-même.  Si j’avais pu bénéficier d’une aide adéquate et traiter le problème en profondeur à l’époque, j’aurais épargné ma santé…et mon portefeuille ! 

Vous comprenez maintenant pourquoi les troubles du sommeil me tiennent à cœur.  Ils sont même devenus mon cheval de bataille.  Ma principale motivation aujourd’hui est de venir en aide aux autres en leur permettant de “sortir de la spirale” une bonne fois pour toutes et sans médication. 

Je ne diabolise pour autant pas les somnifères qui peuvent aider à traverser une “crise”.  Sur le long terme, je les déconseille très fortement.  Il est d’ailleurs tout à fait contre-indiqué de les prescrire plus de trois semaines d’affilée.  Mieux vaut un vrai travail à la source des difficultés.  Lui seul sera efficace sur le long terme.

Vous connaissez à présent le principe du conditionnement négatif à l’origine de l’insomnie chronique

Regardons à présent de plus près ce qu’il se passe dans notre corps. 

De nombreux chercheurs ont analysé les causes biologiques de l’insomnie.  Un coupable a été clairement identifié : le système nerveux sympathique. 

Le système nerveux sympathique fonctionne de manière tout à fait autonomeIssu d’un réflexe ancestral de “lutter ou fuir”, il nous permet de réagir de manière adéquate lorsque nous sommes soumis à une menace ou à un stress aigu.  

Les conséquences physiologiques de sa mise en activité sont : augmentation du rythme cardiaque, du flux sanguin et du métabolisme, contractions musculaires, libération d’hormones du stress telles que le cortisol et hausse de l’activité cérébrale.  Toutes nos ressources sont mobilisées, aussi bien physiques que mentales (vigilance, attention…).  Ce mécanisme est absolument nécessaire et bénéfique en cas de menace réelle ou d’un effort ponctuel à fournir comme lors d’une compétition sportive.

Le stress en lui-même n’est donc pas pathologique, tout comme l’anxiété.  Ils nous maintiennent même en vie et nous permettent d’anticiper les catastrophes. Nous sommes de plus tout à fait capables d’y faire face car nous disposons de facultés d’adaptation remarquables. Par contre, lorsqu’ils deviennent chroniques, ils sont extrêmement dommageables pour notre organisme qui n’est plus capable d’y faire face. Le bouton reste enclenché sur le mode ON, le système s’emballe en permanence et c’est l’épuisement.

A présent, un petit survol des autres types d’insomnie pour vous aider à y voir plus clair et, si besoin, à bien identifier l’origine de votre trouble du sommeil.

Les autres formes d’insomnie 

L’insomnie paradoxale

Il s’agit ici d’une mauvaise capacité à évaluer le sommeil.  La personne est persuadée de souffrir d’insomnie et rapporte qu’elle ne dort que quelques heures par nuit voire pas du tout.  Or, il n’y a aucune preuve objective de perturbation du sommeil.  Les examens du sommeil montrent en effet que la personne dort de manière tout à fait adéquate. 

Ce type d’insomnie appartiendrait à l’hypocondrie qui se définit comme une anxiété obsessionnelle qu’à une personne par rapport à santé.  Même si ce terme peut sembler péjoratif, les spécialistes du sommeil prennent ce trouble très au sérieux et proposent des thérapies adaptées une fois le diagnostic d’insomnie paradoxale établi.  

L’insomnie idiopathique

Cette forme d’insomnie est plutôt rare et survient dès l’enfance.  

Elle n’est pas influencée par le stress.  Son origine proviendrait d’une anomalie du contrôle neurologique du système veille-sommeil.  Cette pathologie peut s’étendre sur la durée car elle se diagnostique et se soigne difficilement. 

L’insomnie liée à des troubles mentaux

homme assis en tailleur tenant devant son visage une pancarte avec un dessin d'un bonhomme malheureux

Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les personnes qui présentent des psychopathologies.  Un tiers des insomnies chroniques seraient d’ailleurs dû à des maladies psychiatriques.

Parmi les troubles mentaux mis en cause on retrouve, entre autres, les troubles anxieux, la schizophrénie, les troubles du spectre autistique (qui ne sont pas à proprement parler une maladie mentale – j’y reviendrai dans un article), les troubles bipolaires, les psychoses, les états de stress post-traumatiques et la dépression (l’insomnie touche plus de 60% des personnes dépressives). 

Établir un diagnostic d’insomnie liée à des troubles mentaux n’exclut pas de poser celui d’insomnie.  Il conviendra juste de traiter les deux.   

L’insomnie liée à l’abus de certaines substances

ensemble de médicaments

L’abus de caféine, de théine ou d’alcool peut être à l’origine d’une insomnie chronique.

Il en est de même pour les anxiolytiques, certains antidépresseurs, les amphétamines, les antiparkinsoniens, les corticoïdes et les hormones thyroïdiennes.

Les somnifères, quant à eux, s’ils sont pris en trop grande quantité ou sur une trop longue durée, peuvent entrainer un effet rebond lors de l’arrêt, c’est-à-dire un retour de l’insomnie.  Cette dernière peut même être plus intense que celle qui a été à l’origine de la prise de somnifères.

A retenir : ces différentes substances peuvent être la cause de l’insomnie, mais pas forcément.  Dans ce dernier cas, il est important de garder à l’esprit qu’elles peuvent par contre constituer des facteurs de maintien de l’insomnie

L’insomnie organique

C’est une forme d’insomnie qui est liée à des affections médicales (maux de dos, reflux gastroœsophagien, hyperthyroïdie, arthrite, insuffisance cardiaque, épilepsie, etc.), à des apnées du sommeil et autres difficultés respiratoires (asthme, bronchite chronique) ou à des mouvements anormaux tels que le syndrome des jambes sans repos (appelé aussi « impatiences »).

Les spécialistes du sommeil sont formés pour détecter ces différentes pathologies.  

L’insomnie fatale familiale (IFF)

L’insomnie fatale familiale est un trouble génétique rare pour lequel aucun remède n’existe.  Aussi mystérieuse que terrifiante (la personne qui en souffre décède rapidement, 10 mois étant le maximum atteint jusqu’à présent), cette pathologie nous met face à une évidence : le manque de sommeil tue

La cause de cette maladie est liée à un gène défectueux, appelé PrNP ou protéine prion. 

Si tous les cerveaux contiennent des protéines prions, très utiles pour leur bon fonctionnement, des mutations peuvent devenir catastrophiques.  Tel un virus se répandant dans le cerveau, la protéine mutée détruit petit à petit certaines parties du cerveau, et notamment le thalamus, la partie la plus touchée en cas d’insomnie fatale familiale.  Le thalamus fonctionnant comme un portail entre l’éveil et le sommeil, la personne souffrant de cette pathologie se retrouve dans l’incapacité totale de s’endormir.  

Comment se pose un diagnostic d’insomnie ?

Le plus souvent, la personne souffrant d’insomnie s’adressera à son médecin de famille qui évaluera avec elle si un traitement est nécessaire et qui l’enverra, selon la gravité du trouble, vers un thérapeute ou un spécialiste en clinique du sommeil pour réaliser des examens complémentaires qui vont permettre d’évaluer d’autres pathologies associées (e.a. les apnées du sommeil ou le syndrome des jambes sans repos).

Les outils diagnostiques du thérapeute du sommeil

Le questionnaire de sommeil a pour but d’évaluer les troubles et habitudes de sommeil ainsi que les habitudes de vie et l’état de santé.  

L’agenda de sommeil permet d’évaluer le temps d’endormissement, l’heure du coucher, l’heure du lever, le nombre d’éveils, la durée des éveils, le temps passé au lit et la durée du sommeil.  La personne est invitée à tenir cet agenda sur plusieurs jours, voire semaines.  

D’autres outils sont également disponibles et viennent compléter le processus de diagnostic : l’index de sévérité de l’insomnie, l’échelle de fatigue de Pichot, l’échelle de somnolence d’Epworth et le questionnaire de matinalité/vespéralité développé par Horne et Osteberg.

En cas de suspicion d’un autre trouble du sommeil, le thérapeute doit envoyer le patient vers un confrère médecin pour réaliser des examens complémentaires.

Je vous les décris brièvement ci-dessous.

Les différents examens du sommeil

La polygraphie : elle consiste en un enregistrement de la respiration.  Elle est souvent associée à une mesure du taux d’oxygène dans le sang (oxymétrie).

La polysomnographie (PSG) : non invasive et sans danger, elle consiste à enregistrer au moyen d’électrodes l’activité des ondes cérébrales, l’activité du cœur, du mouvement des yeux et l’activité musculaire.  C’est l’examen du sommeil le plus complet.

Le TILE (Test itératif de latence d’endormissement): il permet de mesurer la tendance d’endormissement au cours de la journée.

Le TME (Test de maintien de l’éveil) : c’est un enregistrement PSG qui s’effectue le jour.  Ce test ne sert pas vraiment au diagnostic mais plutôt à tester la capacité à lutter contre la somnolence (utile en médecine du travail pour des postes de sécurité par exemple) et l’efficacité d’un traitement contre la somnolence de jour excessive.

L’actimétrie : c’est un examen du rythme veille/sommeil et de la qualité du sommeil réalisé grâce à un petit appareil de la taille d’une montre qui se porte au poignet et qui va détecter les accélérations des mouvements.  Certains actimètres peuvent même mesurer l’intensité lumineuse ou la température corporelle.

Les conséquences de l’insomnie chronique

homme endormi sur son ordinateur au travail

Dormir est un besoin vital, au même titre que respirer ou se nourrir.  À ce sujet, je vous invite à lire l’article que j’ai consacré au sommeil et à son rôle essentiel dans l’équilibre de notre organisme.

L’insomnie a donc de nombreuses conséquences néfastes sur la santé et la qualité de vie des personnes qui en souffrent.

Parmi les répercussions sur la vie quotidienne on retrouve notamment : un recours plus important aux soins de santé, un taux d’absentéisme plus élevé, une baisse de productivité, une altération de la qualité de vie, de la mémoire, de la concentration ainsi que de l’humeur.  La fatigue ressentie expose également à un risque accru d’accidents domestiques, de travail et de la route

L’insomnie n’est donc pas qu’un problème nocturne.  Elle poursuit toute la journée la personne qui en souffre.

Au niveau psychologique, elle peut provoquer de l’irritabilité, de l’anxiété et un sentiment d’impuissance.  La détresse émotionnelle peut être si profonde qu’elle peut conduire à une dépression

Les relations interpersonnelles sont souvent impactées, que ce soit les relations familiales, amicales ou professionnelles.  Les personnes souffrant d’insomnie peuvent alors être tentées de s’isoler davantage, ce qui va renforcer leur mal-être.

L’insomnie chronique est également associée à un risque accru de développer des problèmes de poids (voire de l’obésité), du diabète, de l’hypertension, des maladies cardio-vasculaires et certains cancers (selon une étude récente réalisée en 2020 et parue dans le très prestigieux “Journal of Sleep Research”).  

Retenez que, dans l’ensemble, l’insomnie fait encourir davantage de risques médicaux et que ces derniers augmentent les risques d’insomnie.  

En conclusion

L’insomnie est l’une des pathologies les plus inquiétantes que rencontre notre société.

Paradoxalement, le grand public semble peu au fait de ce trouble du sommeil.

Il est donc nécessaire de mettre en place un programme éducatif de prévention à l’attention des enfants, des adolescents et des adultes. 

Parfois, de simples changements apportés au mode de vie de certaines personnes pourraient leur permettre d’adopter les bonnes habitudes et croyances par rapport au sommeil et d’éviter ainsi de basculer dans la spirale infernale de l’insomnie. 

Je terminerai avec les mots si justes de cette grande femme de lettres qu’est Marguerite Duras :

C’est comme si on avait perdu la recette.  Elle survient de façon brutale.  Tout à coup, on ne dort pas, comme une irruption dans la vie quotidienne.  Elle tombe du ciel.  Elle n’a rien à voir avec le fait de ne pas dormir, la fausse insomnie provoquée par des ennuis, où on traîne sa vie du jour dans la nuit. La vraie insomnie entraîne une familiarité avec la mort et lui fait perdre son visage d’horreur.  Dans l’insomnie, on a l’impression de s’introduire dans un lieu défendu, dans un territoire interdit où les autres ne sont pas allés.  C’est comme si on n’avait pas le droit de dormir, car la nuit il faut dormir.  C’est un temps invivable, où règne la solitude.  Cette transgression fait passer de l’intelligence supportable du quotidien à celui de la grande intelligence de la nuit où on est au bord de tout voir, surtout la vanité des choses.  C’est une expérience profonde qui creuse l’intelligence.  Cette connaissance est un enfer. Elle marque la fin d’une naïveté : je n’ai jamais rencontré de grands insomniaques qui soient naïfs”. (Eloge de l’insomnie, Michèle Manceaux)

Et vous, souffrez-vous d’insomnie ? Quel type d’insomniaque êtes-vous ? Votre qualité de vie est-elle impactée ? Comment faites-vous pour gérer cela ? 

Avez-vous déjà consulté ? Si, oui, avez-vous eu des résultats ?

Partagez votre expérience en commentant cet article ! Je me ferai un plaisir d’échanger avec vous sur le sujet. 

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